Partages d’expériences

« Et si les vaches pouvaient rêver... »

Publié le 23 septembre 2010, par Françoise Vanesse


Découvrir différents albums sur le thème de la vache, permettre aux enfants de s’exprimer de manière écrite et graphique à partir de ces livres et ensuite réaliser un synopsis débouchant sur la naissance d’un film d’animation : tels sont les objectifs de ce projet qui s’est déroulé avec des élèves de deuxième primaire de l’Ecole de l’Immaculée Conception de Lens-sur-Geer dans le cadre du décret culture-école en collaboration avec le « Centre Multimédia Don Bosco » de Liège.

Les vaches sont bien représentées au cœur de la littérature de jeunesse. En effet, l’image de cet animal placide, débonnaire, généreux et doux quoiqu’ imposant, reste une valeur sûre auprès des enfants. Les vaches n’ont pas fini de faire parler d’elles ! Ni d’inspirer d’ailleurs auteurs et illustrateurs de jeunesse. C’est donc sans la moindre difficulté que ces enfants de deuxième primaire se sont laissé embarquer dans cette aventure et dans ce projet que nous avons construit dans le cadre du décret culture-école. Pendant deux mois, accompagnés d’une animatrice responsable des ateliers d’écriture, Carine Thierie, et d’une équipe d’animateurs spécialisés en infographie et en cinéma d’animation du « Centre Multimédia Don Bosco » de Liège ( 1) , ils ont tenté d’apporter leur réponse en texte, en image et en musique à cette question très existentielle... A quoi rêvent les vaches ?
Dans les lignes qui suivent, Carine Thierie et Julie Ceulemans décrivent les grandes étapes de ce projet de sensibilisation à la lecture d’images.

F.V.

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- Une première partie de cette animation s’est déroulée dans un bain de livres et de lectures. C’est à partir de ceux-ci que les élèves ont imaginé à quoi pourrait ressembler leur propre vache et quel pourrait être son rêve. Une « Boîte à vaches » est d’ailleurs restée à leur disposition tout au long de l’animation. Elle contenait les albums lus au fur et à mesure des rencontres et a été enrichie de divers objets ayant un rapport avec les vaches et amenés par les enfants. C’est ainsi qu’une collection hétéroclite a vu le jour petit à petit.

- Une deuxième partie fut consacrée à dégager ensemble les différentes étapes pour faire un film d’animation. Les animateurs avaient besoin de personnages, de décors, d’une histoire qui tienne la route, de matériel audio-visuel, de musique,... Pour faciliter la création de l’histoire et aider les enfants à visualiser l’action, ils sont partis sur une base de bande dessinée en trois cases, correspondant aux trois temps du scénario, pour créer un mini story-board.
Une fois le scénario ficelé et le story-board dessiné, il était temps de construire les vaches en volume et de peindre les décors. Chaque enfant disposait d’une vache aux pattes et au cou flexibles et d’un décor de fond. Si son histoire nécessitait d’autres personnages ou des accessoires, ils furent fabriqués ou prêtés le temps du tournage.

- Etape suivante : l’animation proprement dite. Comment créer l’illusion de mouvement avec des dessins ou des objets inanimés ?
Afin d’appréhender de manière plus concrète la notion de mouvement, trois ateliers ont été proposés aux enfants.

° Un atelier « folio scope » qui consiste en deux dessins similaires superposés et assemblés par un côté. Ils doivent illustrer un mouvement cyclique simple, comme un clin d’œil par exemple. Sur le premier dessin, l’œil est ouvert, sur le second, il est fermé. Tout ce qui n’est pas sensé bouger doit être redessiné exactement au même endroit pour que l’illusion soit parfaite. On enroule le dessin du dessus autour d’un crayon et, en faisant glisser le crayon rapidement d’avant en arrière sur le dessin du dessous, on crée une illusion de mouvement.

° Un second atelier pour créer un mouvement cyclique un peu plus élaboré à l’aide d’un jouet optique appelé « zootrope », constitué d’un cylindre fendu sur la hauteur à intervalles réguliers et pivotant sur un axe central (à l’image d’une toupie géante). On dessine sur une bande divisée en autant de cases que de fentes. Le plus simple est de partir d’une forme qui se modifie pour revenir à son état d’origine. Ensuite, on place la bande dans le zootrope et, lorsque le cylindre tourne, il suffit de regarder à travers les fentes pour constater l’illusion de mouvement.
° Un dernier atelier « animation » où les enfants sont confrontés directement à la caméra et au logiciel d’animation. En manipulant une figurine articulée, ils apprennent à décomposer le mouvement image par image pour le rendre le plus fluide et naturel possible. S’ils vont trop vite pour passer d’une position à une autre, le résultat sera saccadé.
Une fois le principe de mouvement image par image testé et intégré par les élèves, il ne restait plus que le tournage... A raison d’une demi-heure minimum par enfant, ce ne fut pas une mince affaire mais le résultat en valait la peine !

 Pour terminer en beauté ce long processus de réalisation, il restait une ultime étape qui consiste en nettoyage des images et le montage, le tout à l’aide de cette merveilleuse machine qu’est l’ordinateur. Evidemment, la participation des enfants s’arrêtait là, les logiciels étant peu adaptés aux enfants de sept ans...

Nos conclusions suite à ce projet sont très positives :

Le projet mené à Lens-sur-Geer nous laissera à tous, (enfants, enseignante, animateurs) un très bon souvenir.
En effet, l’intérêt des enfants pour comprendre et participer activement aux ateliers proposés étaient à la hauteur de nos espérances. Madame Clerinx, l’enseignante, nous a réservé un accueil chaleureux et a encouragé ses élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce qu’ils ont fait avec un plaisir évident et dans une ambiance très agréable. Des enfants ont même imaginé un scénario reprenant trois histoires. Chacun a imaginé la sienne mais en l’intégrant à celle de ses copains.

Résultat : une série d’animation menée tambour battant avec des courts métrages plus réussis les uns que les autres et qui ont été présentés lors d’une projection en présence des parents. Un DVD a été remis aux enfants.
Cette belle rencontre a clôturé notre projet et laissera aux enfants la joie d’avoir participé à un projet les menant hors des sentiers battus. Gageons qu’ils ne regarderont plus un film d’animation de la même manière !

Carine Thierie et Julie Ceulemans

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Orientation bibliographique :

Anne-Isabelle Le TOUZE, A quoi rêvent les vaches, Didier jeunesse, 2008

À quoi rêvent les vaches est l’histoire d’un troupeau fasciné par les ce que raconte une de leur nouvelle compagne qui leur décrit ce qu’elle a vu avant d’arriver à la ferme. Une nuit, les vaches, très curieuses, décident de partir à la recherche de cet endroit fabuleux.
A partir de ce livre, les enfants ont élaboré le rêve de leur vache. Inspirés par l’histoire, leur imagination les a emmenés dans des pays saugrenus où les vaches possèdent des capacités très surprenantes : vache pompier, vache mangeuse de crème glacée, vache policière...)

Dorothéa CUPPERS- Léo TIMMERS, Le pinceau d’or, Magnard, 1999

Le pinceau d’or est l’histoire d’un petit roi déçu par la robe de ses vaches qu’il trouvait banale. Il a l’idée fantastique d’organiser un concours où les artistes auront comme tâche d’imaginer des robes plus originales les unes que les autres. Les enfants, eux, vont décorer et peindre leurs vaches en laissant libre cours à leur imagination. Si quelques-unes étaient « classiques », la plupart étaient dignes d’une exposition d’artistes !


(1) Equipe d’animation pour le « Centre Multimédia Don Bosco »

 Julie Ceulemans
  Quentin Scholtès
  Kevin Pire