• Petites histoires en théâtre d’ombres

  • 5 janvier 2015, par Françoise Vanesse, Sylvie Hendrickx

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  • Utiliser la technique des ombres chinoises pour mettre en scène la lecture d’un album et ensuite proposer au jeune public de réaliser son petit théâtre personnel : tels furent les objectifs du projet mené, en décembre dernier, par Marina Pulsone et son collègue Adrien Tournay, animateurs jeunesse au Centre Multimédia Don Bosco de Liège.

Cadre du projet

Chaque année, le dernier mercredi qui précède les congés de Noël, alors que les jours commencent à peine à s’allonger, la ludothèque La Marelle, partenaire du Centre Multimédia Don Bosco, organise une « Fête de la lumière » (1). Celle-ci célèbre le retour de la clarté par une série d’animations et une mise en scène tout à fait féérique. En effet, dès que le soir tombe, les locaux adjacents de la ludothèque et de la bibliothèque, plongés dans une douce pénombre, invitent la lumière à prendre corps au cœur d’un feu d’artifice de petites créations artistiques, plus originales et charmantes les unes que les autres ! Toutes sont réalisées lors d’ateliers proposés plusieurs semaines auparavant par l’animatrice du CEC, Myriam Hick.

Tenant à s’associer à ce projet original qui draine un public familial nombreux, deux animateurs de la bibliothèque Don Bosco ont décidé d’enrichir cette fin d’après-midi d’une lecture en résonnance avec le thème de la lumière par la technique des ombres chinoises.

Le choix d’un album

Pour cette lecture tout à fait originale, les animateurs ont choisi l’album Maman, maman j’ai mal au ventre de Rémy Charlip et Burton Supree (2). Un choix qui ne s’est pas opéré au hasard : « Certains livres, explique Marine Pulsone, se prêtent davantage à ce genre d’animation parce que leur graphisme induit déjà, avec une certaine évidence, le théâtre d’ombres notamment par le choix du contraste noir et blanc mais aussi de personnages et d’objets aux formes bien identifiables. »

Une technique bien rôdée

Le spectacle d’ombres est réalisable au moyen d’un matériel très simple puisqu’il ne nécessite qu’un grand drap blanc tendu et une lampe. Le travail de préparation en amont est un peu plus fastidieux mais néanmoins abordable à condition d’être précis dans les découpes ... Il faut en effet photocopier les images et effectuer les mises à taille éventuelles. Le but final étant d’obtenir des formes bien noires sur papier légèrement cartonné, découpées minutieusement. Par ailleurs, il est préférable d’être deux pour présenter ce type de spectacle : « L’un manipule les formes et l’autre raconte l’histoire. Nous veillons aussi à ce que la lectrice soit assise devant le drap, côté public, car, en tant que bibliothécaires, il est essentiel pour nous que l’objet livre soit visuellement présent. Les enfants et leurs parents découvrent ainsi d’où provient l’histoire et se rendent compte qu’un livre peut être raconté de multiples façons. »

Le temps du spectacle

La lecture débute dans le noir complet puis la lumière surgit derrière le grand drap blanc et avec elle la magie… Apparait alors la silhouette du petit garçon couché avec son ventre rond qui, en tant qu’élément immuable du décor, a pu être collé sur le drap par avance. Au fur et à mesure de la lecture, l’animateur sort un à un les objets toujours plus farfelus du ventre de l’enfant. « Le réalisme du spectacle dépend en grande partie du jeu de celui qui manipule les formes. Celles-ci doivent être bien collées à la toile pour être déchiffrables. De plus, par quelques mimiques choisies, il peut agrémenter l’histoire et en devenir véritablement un des personnages. »

Le temps de la créativité : réalisation de son petit théâtre d’ombres

En une séance de deux heures, Marina Pulsone propose ensuite aux enfants de réaliser leur propre petit théâtre d’ombres. « A partir de cinq, six ans, les enfants ont davantage conscience qu’il y a quelqu’un derrière la toile et se montrent curieux de s’essayer eux-mêmes à la technique du jeu d’ombre. » Après avoir découvert ensemble le dispositif derrière le drap, les enfants sont invités à réaliser chacun leur propre théâtre. Celui-ci se compose d’un petit panneau fait d’une feuille de papier blanc assez fin mais néanmoins rigide tenant sur des petits pieds en triangle découpé dans un carton plus résistant. Les enfants choisissent et découpent parmi les formes mises à leur disposition, celles qui seront nécessaires à leur histoire. Ils peuvent également inventer leurs propres éléments à découper en procédant à un petit travail de conceptualisation et de réflexions sur la notion de silhouette : leur personnage sera-t-il facilement reconnaissable ? Grâce à quel élément ? Les formes réalisées sont ensuite collées au bas de piques à brochette afin que, manipulées, elles touchent le sol du petit théâtre. Amenés à tester leur réalisation, les enfants reçoivent encore quelques conseils de manipulation.

Conclusion

Les enfants ont beaucoup de plaisir à repartir chez eux avec leur théâtre d’ombres pour reproduire en famille la magie qu’ils viennent de vivre le temps d’une lecture. Cette réalisation simple qui fonctionnera chez eux avec n’importe quelle lampe est une véritable invitation à l’imaginaire : « Le but de mes animations, conclut Marina Pulsone, est de démontrer qu’il suffit souvent de peu de choses pour être créatif. Chez eux, les enfants peuvent créer, un peu à l’infini, de nouvelles formes pour donner vie aux histoires qui les habitent. »

(1) Site de la ludothèque La Marelle : http://ludomarelle.skynetblogs.be/
(2) CHARLIP Remy et SUPREE Burton, Maman, maman, j’ai mal au ventre, Edition Circonflexe, 2002.

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