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  • Noël ou les chemins de silence

  • 23 décembre 2004, par Gérard Durieux

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  • "Regardez cet enfant et vous verrez ce que le monde cache, cette masse de lumière sous la peau grise du monde "
    Christian BOBIN

Elle s’impose chaque jour. Accablante. L’éternelle horreur de « la peau grise du monde ».

Les pauvres encore et encore humiliés, les faibles abandonnés à leur solitude, l’interminable agonie des humbles et l’arrogance ricanante, conquérante des puissants.

Mais aussi l’inertie de nos cœurs et l’impuissance de nos mains face à la pesanteur du crime. La grisaille du monde, comme si rien n’était advenu depuis deux mille ans.

Alors, poète, « la masse de lumière que cache le monde » ? En quel coin de terre ou de vie ? Dans l’épaisse débauche tonitruante des fêtes, dans les ors et les cantiques ?

« Regardez cet enfant », écoutez celui qui ne parle pas. Un grand silence habite Noël. Et la lumière qui renverse et retourne de fond en comble monte du silence intérieur. C’est celle-là qui a brûlé jusqu’à l’incandescence les François, Claire, Thérèse, Charles... et tant d’anonymes qu’elle a rendus comme braises et sources.

Ces veilleurs des déserts que figurent les mages , nous glissent en ces jours la confidence des sentes qui y mènent. Oui, le chemin de celles et ceux qui cherchent et luttent en ce monde, s’apparente à l’exode de ces maraudeurs de l’aube aux silhouettes « efflanquées ». Or, « ils rentrèrent chez eux par un autre chemin »... (Mt 2,12).

Comme eux, la parole de silence et le visage désarmé de l’enfant nous invitent. Si nous pouvions renoncer aux étoiles qui risquent d’égarer, aux artifices de tous les feux déficients.
Et secouer la fascination de tous les « astres » dont nous faisons nos guides. Paisiblement, consentir aux « désastres » et suivre obstinément la pente de nos propres lueurs d’enfance. Choisir l’apparente « déroute », le chemin inédit. Et s’avancer seul dans le clair-obscur de la foi, en grappillant aux branches de chaque aube quelques éclats de lumière neuve.

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