• La Baie des tecks (Bédéthèque) de Namur

  • 13 octobre 2015, par Françoise Vanesse, Sylvie Hendrickx

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  • Tous les possibles !

    Pousser les portes de cette bibliothèque, c’est découvrir…

Une reconnaissance

Namur, à quelques encablures de la gare, le quartier de Bomel qui vient de connaître, ces derniers mois, un vaste projet de revitalisation : l’aménagement en un espace culturel et associatif du site des anciens abattoirs. Un projet audacieux porté par l’échevin Arnaud Gavroy et surtout un pari sur le pouvoir de la culture comme levier de redynamisation d’une partie un peu défavorisée de la ville. C’est au cœur de ce vivier abritant le tout nouveau Centre culturel régional de Namur et un pôle associatif, que nous découvrons la nouvelle infrastructure de la Baie des tecks qui a obtenu le gîte au sein de cet espace d’exception. Plus qu’une chance, une véritable reconnaissance pour toute l’équipe entièrement volontaire de cette bibliothèque de droit privé, spécialisée en bandes dessinées, bien ancrée dans son quartier et qui, depuis trente ans, porte son projet contre vents et marrées tout en espérant un jour quitter les locaux devenus exigus de la rue d’Arquet. Manifestement, la persévérance mais aussi la place de choix que cette dynamique bibliothèque et sa collection impressionnante de vingt mille bandes dessinées s’est forgée au cœur du réseau namurois de lecture publique ont porté leurs fruits. Satisfaction ! C’est précisément avec un sourire déployé, à l’image des larges baies vitrées qui abritent désormais les collections, que Guy Dehousse, un des fondateurs de la bibliothèque, nous accueille, s’assoit et, manifestement heureux, nous dit : « Maintenant, tout est possible ! »

Des perspectives

Des perspectives, en voici, en voilà ! Tout d’abord, grâce à l’agencement du lieu, anciennement les locaux administratifs des abattoirs, entièrement réaménagés suite à un concourt international d’architecture qui a permis d’offrir à ce bâtiment une nouvelle personnalité et ce grâce à une alliance surprenante de deux styles architecturaux diamétralement opposés. Voici tout d’abord la façade rénovée en totale adéquation avec l’architecture authentique de style Bauhaus. A l’arrière, vous découvrez un surprenant module de facture très contemporaine où ne règne que le rectiligne rehaussé par un mur d’un jaune très lumineux. C’est cet audacieux appendice qui a permis de doubler la superficie du lieu d’origine. Et que dire de la luminosité qui règne à l’intérieur ? Elle semble faire partie intégrante des meubles ! Les larges baies et les nombreuses fenêtres font écho à la politique de cette bibliothèque de quartier certes, mais ouverte sur l’extérieur et qui draine des usagers originaires des quatre coins de la Wallonie mais aussi de Bruxelles. Un très bel espace qui induit une importante sensation de respiration accentuée par la blancheur des murs qui se répartissent deux étages et desservis par ascenseur.

La bande dessinée : dans tous ses états

Les cartons ne sont pas encore tous déballés et manifestement le déménagement du printemps dernier n’est pas si loin. Mais, déjà, l’équipe de la bibliothèque a investi la nouvelle configuration du bâtiment avec le projet d’étayer les collections de projets créatifs et artistiques ! D’emblée se dessinent des perspectives nouvelles permettant à la bande dessinée d’habiter véritablement les lieux et ce, « dans tous ses états » ! Ainsi, au rez-de-chaussée, une fois passé le comptoir de prêt et son petit hall tout en hauteur, vous voici, sans transition, dans une salle d’exposition lumineuse où sont accrochés des originaux de Lambil (NDLR : dessinateur des Tuniques Bleues, parrain de la bédéthèque) ; plaçant ainsi ces créations au cœur de la bibliothèque. « Nous espérons que, dans l’avenir, les dessinateurs et auteurs de bandes dessinées du namurois, comme d’ailleurs, s’approprieront davantage ce lieu pour présenter leur travail. », souligne Guy Dehousse. Tandis qu’à l’étage, c’est la création de bandes dessinées dans sa genèse et en pleine construction qu’abrite dorénavant un atelier d’artistes. Celui-ci réunit deux scénaristes et deux dessinateurs. Une cohabitation et une symbiose très prometteuses. « C’est certain, la vie de la bibliothèque sera enrichie de cette présence, du partage de leurs compétences artistiques au travers d’expositions mais aussi d’ateliers de dessin et d’écriture à destination des usagers de la bibliothèque », conclut le responsable.

De l’originalité

On le voit, l’originalité semble rythmer la vie de cette structure désireuse de déployer des projets qui sortent de l’ordinaire et ce, essentiellement grâce à l’investissement personnel d’une vingtaine de volontaires. Quelques exemples ? Le déménagement qui a permis de mobiliser toute l’équipe mais aussi les lecteurs en réalisant une chaîne humaine de près de trois cent personnes reliant les anciens et nouveaux locaux. Mais aussi le mobilier de rangement sur roulettes, entièrement confectionné par certains bricoleurs de l’équipe, au moindre coût et permettant une modulation infinie de l’espace. Même dynamique dans le renouvellement constant de l’espace mangas. « Une nécessité, poursuit Guy Dehousse. Nous proposons actuellement une collection de six cents mangas mais il s’agit d’une section qu’il faut sans cesse redynamiser sous peine de voir les adolescents se désengager. » Enfin, un horaire qui conserve sa spécificité puisque la bibliothèque ouvre toujours le dimanche matin. « Un excellent créneau, conclut-il, qui nous permet de compter un lectorat d’un millier de familles, mais n’est possible que grâce à l’engagement de nos bénévoles. »

Un refus de l’immobilisme

Notre rencontre touche à sa fin et c’est l’occasion de se remémorer, en compagnie de Guy Dehousse, les vieux souvenirs, comme les conditions de travail parfois ardues qui régnaient dans les locaux précédents, démunis de chauffage certains hivers… Tout cela fait bien sourire aujourd’hui alors que la vie de cette bibliothèque vient de connaître un tournant si porteur. Seule zone d’ombre au tableau, l’absence d’un permanent, très attendu et espéré, mais que l’arrêt des reconnaissances de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas permis. Une frustration heureusement partiellement compensée par une collaboration de la bibliothèque communale de Namur qui, grâce à un partenariat privé-public, veut faire bouger les choses et détache depuis le 1e juillet deux bibliothécaires les mercredis et vendredis après-midi. Un très précieux soutien d’autant plus que, malgré la fin des travaux, certains chantiers restent en cours… comme l’enregistrement des vingt mille titres des collections au catalogue VUBIS. Cette démarche, déjà initiée, permettra une intégration plus fonctionnelle et plus professionnelle dans le Réseau namurois de lecture publique et une dynamisation encore optimisée des collections, désormais consultables en ligne.
On ne peut que se féliciter de l’évolution si positive que connaît cette bibliothèque de droit privé et se réjouir des futurs partenariats que son implantation, au coeur d’un quartier et d’un site entièrement revitalisés, vont initier, que ce soit avec le Centre culturel, le C.E.C., la salle d’exposition sans oublier le point Horeca. Vivement dans quelques mois lorsque le projet d’aménagement d’un parc public sera terminé et ponctuera l’ensemble du site d’un vert franc et encore plus vivifiant ! Vivement aussi l’arrivée d’un permanent pour permettre à cette bibliothèque de déployer, de façon encore plus optimale, toutes ses potentialités.


Baie des tecks asbl,
Traverse des muses, 17
Sur le site des anciens abattoirs
5000 Namur
Tel : 0479/05.94.49
baiedestecks@skynet.be

Horaires d’ouverture :
Mercredi : de 13h30 à 19h
Vendredi : de 13h30 à 19h
Dimanche : de 10 à 12h.

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