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  • L’inconsolable

  • 18 janvier 2007, par Gérard Durieux

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  • Dans ce roman envoûtant, une jeune auteur délie avec courage et finesse les liens subtils qui désunissent les protagonistes de cette histoire familiale empreinte de violences enfouies.

GODARD Anne, L’inconsolable, Les Editions de Minuit, 2006.

Une « mater dolorosa » s’obstine à tenir son rang d’endeuillée. Elle a perdu, il y a tant d’années, son fils aîné et s’est décrétée à jamais inconsolable.

Tout au long de ce roman envoûtant, une voix tutoie le personnage central et le « tu narratif », mystérieux, obsédant, accusateur de ce monologue intérieur dévoile avec une lucidité implacable l’envers secret de cette statue de douleur vaincue et grandiose, équivoque : « ... tu as aimé sa mort qui te le donnait tout entier ».

Mais « un jour, tu en as eu le courage, tu t’es glissée dans la chambre condamnée, la chambre de ton fils ». Alors, dans le huis clos de ce mémorial saturé de souvenirs trop parfaits, la complicité entre la mère et le fils va lentement se révéler pour ce qu’elle était : un tragique malentendu.

Le sourire de l’adolescent attentionné et heureux de vivre s’efface. Les photos et la musique le lui crient à présent : tout occupée d’elle-même, elle n’avait voulu ni voir ni entendre sa détresse, le désarroi qui l’a conduit à la mort.

Dans ce premier roman fort et grave, d’une intensité troublante, cette jeune auteure évoque avec une rare maîtrise, les liens subtils entre les générations d’une histoire familiale de violence sourde. L’amour et la haine, l’indifférence et l’emprise y répètent inlassablement leurs étreintes mortelles.

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