• L’expérience de la ludothèque « La Marelle » qui a proposé à ses usagers un projet participatif et créatif. Le point avec Myriam Hick et Hélène Rimbaud de « La Marelle ».

  • 14 juillet, par Françoise Vanesse

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  • Le secteur de la culture, entre autres, a été particulièrement impacté par cette crise sanitaire et la période de confinement. Des bibliothécaires, auteurs et acteurs culturels ont très aimablement répondu à notre invitation et ont accepté de s’exprimer sur cet événement. Quels regards portent-ils sur cet épisode inédit ainsi que sur les dysfonctionnements sociétaux que cette crise a instaurés ou a mis en lumière ? Quelle est leur utopie pour une société résiliente « post-Covid-19 » ?

F.V. Les ludothèques, contraintes à la fermeture suite à cette crise, vivent un moment inédit dans leur parcours. En tant qu’animatrices, comment avez-vous ressenti cette crise sanitaire et ses conséquences inéluctables sur votre travail au quotidien ?

LM. Pour nous, c’était important de maintenir le lien avec notre public et de continuer à poursuivre des projets autour de la créativité. Nous avons donc poursuivi notre travail à distance en lançant directement un projet participatif et créatif dont l’objectif était de maintenir le lien social et de favoriser les échanges intergénérationnels.

F.V. Concrètement, de quoi s’agissait-il ?

LM. Nous avons proposé à nos usagers adultes de partager une histoire vécue dans leur enfance ou leur jeunesse et, d’autre part, nous avons sollicité les enfants ou tout adulte ayant gardé son âme d’enfant, de mettre cet épisode en image et ce, de manière personnelle et créative. Par cet échange, deux personnes étaient en relation, de façon virtuelle évidemment mais de façon également très sensible. Les binômes (texte/image), résultats de ces échanges ont été diffusés sur notre site internet et notre page Facebook. Ultérieurement, nous espérons pouvoir imprimer ces productions sous forme de petit livret afin de les distribuer aux différents participants.
Parallèlement, nous avons également mis un place un projet intitulé "Avis de recherche » : chaque enfant a été amené à réaliser une petite affichette relative à un amusant avis de recherche du « Grocrovirus ». Ce projet a permis de dédiaboliser ce vilain virus, de l’apprivoiser et de le dompter également… Chaque avis de recherche a été apposé aux fenêtres des participants !

F.V. A l’heure actuelle, êtes-vous en mesure de dresser un premier bilan des retombées de ces projets et de leur impact ?

LM. Nous avons déjà recueilli 40 histoires allant d’une simple anecdote à un souvenir d’enfance émouvant. Ce projet était prévu pour cette année, mais l’isolement dans lequel on s’est trouvé plongé lui a donné un nouveau sens. En effet, plusieurs personnes nous ont remerciées pour cette initiative et ont pris un réel plaisir à se remémorer des souvenirs. En particulier les quelques personnes fort âgées placées en résidence qui, par l’intermédiaire d’une assistante sociale, se sont prises au jeu avec beaucoup de bonheur. Cela a même été thérapeutique pour certains résidents. L’assistance sociale a servi d’intermédiaire et leur a transmis les dessins déjà réalisés. Ces dessins qui illustrent un fragment de leur vie représentent un soutien, un fil ténu qui les lie au monde extérieur vu leur confinement.
La partie mise en image a été un peu plus lente à prendre forme car notre public n’est pas habitué à réagir par les réseaux sociaux.
Dernièrement, nous avons mis en ligne les différents échanges textes et dessins sur les réseaux sociaux et notre site internet, ce qui permet de pouvoir suivre l’évolution du projet.

F.V. Etant donné le caractère inédit de cette crise, la réactivité a dû s’organiser un peu partout de façon expérimentale. Avez-vous déjà des orientations pour de nouvelles pistes à explorer si une telle situation de fermeture venait malheureusement à se reproduire ?

LM. Il y a toujours des choses à améliorer. Travailler et communiquer par téléphone ou via mail entre travailleurs ; ce n’est pas toujours évident même si nous ne sommes que deux. C’est dans les outils de communication qu’il faudrait explorer de nouvelles pistes.

F.V. Le thème de cette crise sanitaire va-t-il alimenter de nouveaux projets en lien avec la thématique et ce, lors de votre prochaine réouverture ?

LM. Nous poursuivrons certainement le projet déjà entamé en ligne pour mieux concrétiser les échanges (petit livret, rencontre physique entre les différents participants).
Nous allons également participer à une plateforme de réflexions (Fédération des CEC).

F.V. Certains affirment que cette crise possède l’avantage d’instaurer de nouvelles solidarités. Qu’en pensez-vous ?

LM. Il nous semble évident que ce confinement et la distance « physique » plus importante qu’à l’accoutumée nous déstabilisent tous en tant qu’êtres humains sociaux. En tant que CEC et ludothèque, il nous paraît donc logique et important de renforcer la proximité sociale en proposant des projets créatifs et collaboratifs, c’est pour nous une mission primordiale. C’est en consolidant le lien social, en cultivant les élans de solidarité, en mettant à l’honneur la connivence au sein de la population, que l’on pourra faire face à cette situation. Pour la partie ludothèque, des nouveaux jeux sont préparés et présentés à notre public via les réseaux sociaux, ils seront disponibles au prêt dès la fin du confinement. On montre ainsi à notre public qu’on ne l’oublie pas, que la vie continue et qu’il sera« gâté » à la réouverture de la Marelle (un peu de lumière au bout du tunnel). Nous nous réjouissons de retrouver des échanges présentiels avec notre public, cela nous manque et rien ne les remplace tout à fait.

Propos recueillis par Françoise Vanesse, avril 2020

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