• Dans la grande nuit des temps

  • 15 octobre 2012, par Sylvie Hendrickx

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  • Un récit croisé à l’espagnol, dense et complexe, où résonne comme une épopée de bruits et de fureurs humaines.

MUNOZ MOLINA Antonio, Dans la grande nuit des temps, Seuil, 2012

Octobre 1936, depuis trois semaines, Ignacio Abel fuit la guerre civile qui embrase son Espagne natale.

Architecte jadis reconnu et respecté, il est aujourd’hui cet homme las et fatigué par l’incertitude qui quitte la gare de Pennsylvanie. Dans la sécurité du train qui doit achever son errance, il s’interroge sur les évènements de son pays, guette les titres des journaux et le nom de Madrid dans les conversations. En chemin, il nous dresse le portrait de celui qu’il n’est déjà plus et qui aveuglé par une passion illégitime, interdite et galvanisante, n’a pas voulu voir monter autour de lui les grondements d’un pays prêt à se déchirer.

Sans concession mais au gré du va-et-vient de sa mémoire, il nous livre de quoi reconstituer les sombres circonstances de son départ, le destin de cette amante qu’il cherche encore en vain dans les traits de chaque inconnue croisée et l’identité de cette voix mystérieuse, trop familière, qui par instant semble ressurgir d’une vie antérieure : « Ignacio, par tout ce que tu as de plus cher, ouvre-moi la porte, ils vont me tuer. » Ignacio Abel cherche sa place dans la grande nuit des temps, celle de la guerre civile d’Espagne, mais aussi celle des amants, la nuit incertaine dont devra émerger l’avenir…

Superposant les niveaux temporels, Munoz Molina nous mène avec brio dans une construction passionnante et maitrisée. Par bribes, énigmatique, il déploie devant nous l’architecture d’une vie et creuse au plus profond de l’âme humaine.

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