• Ces petites graines qui font germer de grands projets !

  • 23 août, par Carmela (secrétariat fédéral)

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  • Un parterre vivifiant de bibliothécaires engagés dans un projet d’organisation de grainothèques a répondu à l’invitation de la FIBBC pour une journée d’informations organisée au Comptoir forestier de Marche-en-Famenne ce lundi 12 juin dernier ! L’objectif de cette rencontre était multiple : prendre connaissance du résultat de leur contribution à notre récolte d’informations initiée en janvier 2017, partager et croiser les expériences mais aussi découvrir un lieu tout en correspondance avec la thématique du jour.

Lundi 12 juin, au Comptoir forestier de Marche-en-Famenne. C’est cet endroit atypique et original, en lien avec le thème de la valorisation et de la conservation de graines, que la FIBBC a choisi pour rassembler les bibliothécaires engagés dans un projet de grainothèque. En janvier 2017, ceux-ci ont été contactés par notre association professionnelle dans le cadre d’une enquête visant à mieux cerner les objectifs de leur projet et à décliner les différentes orientations poursuivies. Aujourd’hui, le moment est venu de prendre connaissance des fruits de cette récolte mais aussi de croiser et de partager les expériences de chacun.

Et quoi de mieux pour se mettre dans le bain de notre thématique du jour que la visite de ce lieu insolite : le Comptoir forestier de Marche-en-Famenne ! Pascal Gruslin, coordinateur et gradué en sylviculture, nous y accueille et nous présente, avec rigueur et convivialité, les missions de ce centre. Car de graines, il en est en effet bien question, ici, au Comptoir ! En effet, chaque année, cette structure dépendant du Service Public de Wallonie, se charge d’organiser la récolte des graines originaires des arbres, feuillus et conifères du territoire de la Région Wallonne, de les sélectionner et d’ensuite les diffuser auprès des pépiniéristes. Une mission de valorisation peu connue qui se déploie, bien entendu in situ- les forêts ou les vergers à graines pour la récolte- mais aussi dans cette construction pour le tri et la conservation.

Après avoir pris connaissance des étapes nécessaires pour le cheminement des graines, des différents points d’ancrages du Comptoir et du projet architectural audacieux qui donna naissance, il y a vingt ans, à cette structure en bois cintré recouverte de tuiles de verre, les bibliothécaires échangent avec Pascal Gruslin. De très nombreuses questions fusent parmi lesquelles : quelle est l’étendue et la santé de la forêt wallonne, quid de la croissance de la filière bois aujourd’hui ou, comment concilier sélection et maintenance d’une importante biodiversité ? Parmi ces points d’interrogation, l’un taraude plus particulièrement les bibliothécaires et est relatif, au vu des frigos présents ici au Comptoir et qui hébergent des kilos de graines à une température de -6° : comment conserver dans de bonnes conditions les graines des grainothèques de nos bibliothèques ?

Suite à la projection d’un film didactique relatant la cueillette des graines, notre après-midi est consacrée, dans un premier temps, à la prise de connaissance du bilan rédigé par la FIBBC suite à la récolte d’informations lancée en janvier 2017 auprès de trente bibliothèques organisant des grainothèques en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ensuite, dans un deuxième temps, il est question d’un partage d’expériences entre les différents bibliothécaires engagés dans un tel projet. Ceux-ci, livrent leurs expériences, leur bilan, leurs interrogations aussi. L’intérêt de chacun est palpable et les échanges très instructifs.

Françoise Laudelout nous présente le projet de la bibliothèque-ludothèque de La Bruyère. C’est une lectrice intéressée par la question qui est à l’origine du projet démarré en 2015 et qui, d’emblée, a semblé une évidence pour les bibliothécaires. Ceux-ci ont embrayé et, directement, ont veillé à tisser des partenariats avec des potagers collectifs de l’entité et différentes écoles. Parmi les animations marquantes, Françoise pointe l’organisation d’une journée « Echanges de plants » en juin 2016 qui a mobilisé les lecteurs et, surtout, a permis à la notion de "troc" de mieux percoler auprès des usagers. Le bilan de la bibliothécaire est actuellement positif et elle insiste sur la nécessité de tisser des partenariats.

L’origine de la grainothèque de la bibliothèque communale de Hannut remonte à 2010 et est directement en lien avec le service environnement de la commune. C’est Anne de Bruyn qui nous le présente en insistant sur l’important fonds de livres sur le développement durable et thèmes associés présents à la bibliothèque et que l’équipe souhaitait valoriser par le biais d’une grainothèque. Ici aussi, des partenariats ont été tissés : avec un cercle horticole et un service d’aide aux personnes handicapées. Si les deux premières années ont été assez riches en échanges et suscité une belle mobilisation, Anne déplore que la motivation retombe actuellement : les réflexes d’échanges ont disparu et le projet s’essouffle. Anne conclut en insistant sur la nécessité, pour pouvoir persévérer dans un tel projet, d’un soutien précieux et semblable à celui que reçoivent les collègues de la province de Luxembourg par le biais de la Bibliothèque centrale.

Le projet de la bibliothèque de Bertrix est dû à l’impulsion de la Bibliothèque centrale de la province du Luxembourg et est très récent : sept semaines ! C’est l’envie de favoriser l’échange entre les gens qui a mobilisé l’équipe. Ce sont Jeannine Dumont et Claire Gonty, toutes deux passionnées par la protection de la nature, qui nous partagent leur expérience. Des partenariats avec le cercle horticole et le SEL sont mis en place et le projet est véritablement construit ensemble. Des animations sont mises en place parallèlement à la grainothèque comme un souper avec des produits locaux et la projection du film « Le potager de mon grand-père ». Jeannine conclut avec un important enthousiasme et insiste sur l’impulsion déterminante donnée par la Bibliothèque centrale de la province de Luxembourg et l’émulation entre collègues.

Nous entendons maintenant l’expérience de la bibliothèque "Aux Mille Feuilles" de Sprimont relayée par Agnès Biard et Emilie Léonet, animatrice et responsable en particulier du projet. Celui-ci a démarré début 2015 et, d’emblée, des partenariats ont été tissés avec la CPAS, la maison des jeunes ou des privés comme « Comblain en transition " composé de membres particulièrement motivés. Des animations ont été mises sur pied : conférences sur le thème de « Comment produire ses graines ? », échanges de plants et organisation de spectacles. Parallèlement, l’animatrice pointe l’organisation d’animations spécifiques pour les enfants avec un livre déclencheur comme « Toujours rien" de Christian Voltz dont la lecture a été suivie par une distribution de graines. Outre cet important programme, il reste encore dans les valises du personnel de nombreuses idées dont un projet visant la rencontre de trois générations sur l’échange de savoirs autour des jardins. Emilie est confiante mais s’interroge sur les liens qui existent entre la grainothèque et les missions des bibliothèques publiques et sur le problème de sa visibilité dans l’espace bibliothèque.

La parole est ensuite donnée à Stéphanie Claeys de la bibliothèque publique de Florenville qui, avec sa collègue, Barbara Holt, mène le projet. Celui-ci remonte à 2015 et a été créé suite à un partenariat avec le centre culturel et l’office du tourisme. Mais cette collaboration s’est rapidement détricotée et la bibliothèque assume aujourd’hui seule l’organisation et la gestion de la grainothèque. Seul le lien avec les écoles perdure. Stéphanie se questionne car l’essoufflement est bien là ! Comment relancer quand la motivation retombe et quel moment choisir ? Elle pointe également les nombreuses difficultés techniques inhérentes à la grainothèque : mise en sachets, par exemple, car certains donneurs apportent leurs graines en grosses quantités qu’il faut ensuite partager, empaqueter, gérer et conserver : des compétences qui, selon elle, dépassent celles des bibliothécaires.

Nous écoutons ensuite l’expérience de la bibliothèque de Vielsam représentée par Emmanuelle Dethier. L’origine du projet remonte ici à 2016 et fait suite à une série de conférences organisées dans le cadre de l’université des champs (sur le radon, sur des auteurs engagés tels que Pierre Rabhi ou autour du thème de la biodiversité et du film « Demain »). Des partenariats avec cette université ont été installés mais aussi avec « Nature et progrès ». D’’autre part, les bibliothécaires ont créé un spectacle en lien avec le thème. Emmanuelle se réjouit du fonctionnement de cette grainothèque et le bilan qu’elle dresse est très positif dans le sens où il y a une bonne participation du public. Animations : des conférences sur le thème « fou de … » ; elles ont notamment reçu un « fou de potager » très enthousiaste. Elles privilégient aussi un thème par année. Emmanuelle est persuadée que la grainothèque attire un nouveau public mais se pose la question sur sa visibilité et la limite des compétences des bibliothécaires car les demandes des lecteurs intéressés deviennent de plus en plus pointues.

La bibliothèque de Hotton est représentée par Viviane Philippart qui nous retrace les origines de la grainothèque. Celle-ci date de 2016 et fait suite à l’appui de la Bibliothèque centrale. Ici, à Hotton, pas de problème de visibilité car les graines ont pris leurs quartiers au milieu de la bibliothèque avec les sachets disposés sur un arbre en carton ! Un partenariat existe avec le Centre culturel et la bibliothécaire est vigilante à établir une importante publicité par le biais des journaux communaux. Les questions de Viviane concernent les attentes des usagers qui deviennent de plus en plus pointues et qui mettent les bibliothécaires face à leurs limites. Elle conclut en insistant sur l’importance d’un professionnel qui assurerait la coordination des différents projets liés à l’organisation de ces grainothèques.

Voici maintenant le tour de la bibliothèque de Léglise et sa représentante, Marjorie Gobin, de présenter le projet de grainothèque dont l’origine remonte à 2016 suite à la visite de l’éco-conseiller de la commune, désireux d’une collaboration. Suite à cette initiative, un partenariat a été noué avec les ouvriers communaux pour la réalisation de matériel dont quatre bacs en bois disposés autour de la bibliothèque. Des animations ont été proposées aux enfants comme une sensibilisation au jardinage pour alimenter les bacs installés dans la pelouse de la bibliothèque dans le cadre des "Incroyables comestibles". La bibliothécaire se réjouit de ce projet de grainothèque dont elle établit un bilan positif mais insiste sur l’importance de sa motivation pour le sujet. Elle souligne également l’important rôle joué par une personne bénévole très motivée et qui l’aide pour différentes tâches dont le pliage des enveloppes et la préparation des graines. Les projets d’animations à venir sont encore très nombreux mais Marjorie s’interroge néanmoins sur la pérennité du projet, extrêmement chronophage.

Annik Goblet présente ensuite le projet des bibliothèques de Tintigny (Bellefontaine et Rossignol). Né il y a quelques 6 semaines seulement, cette grainothèque suscite un réel enthousiasme auprès de cette bibliothécaire qui a veillé à nouer de nombreux partenariats : Cercle horticole, parc naturel de Gaume, CRIER d’Anlier et écoles primaires. Ces dernières ont été invitées à participer à la construction d’un hôtel à insectes. D’autre part, deux expositions dont « La graine et le fruit » et " Jardiniers z’en herbe" ont été programmées. Pour tous les publics, une conférence avec le responsable du Cercle horticole de Bellefontaine. Annick insiste sur l’importance de la publicité faite autour de cette initiative dont des articles notamment parus dans le journal communal. Elle conclut en rappelant qu’elle souhaite sensibiliser les autres écoles primaires de la commune de Tintigny car travailler avec les jeunes permet d’élargir le public et d’accueillir les parents.

Voici maintenant, Myriam Radoux, du réseau des bibliothèques de Chaudfontaine qui présente leur projet démarré en septembre 2015 et qui explique que de nombreux spectacles ont été programmés dans ce cadre comme "L’homme qui plantait des arbres". Une collaboration a été mise en place avec le Cercle horticole dont une représentante, Maryse Donneaux, participe à cette journée. Mais, malgré cette collaboration, la grainothèque n’est pas suffisamment réalimentée et les participantes s’inquiètent également sur les bonnes conditions requises pour une conservation adéquate des graines. Enfin, toutes deux sont demandeuses de la création d’un réseau wallon qui permettrait une meilleure visibilité et communication entre les différentes grainothèques.

Une représentante de la bibliothèque de Grâce-Hollogne, Anne-Sophie Grard, prend ensuite la parole quoique sa structure ne propose pas encore de grainothèque actuellement. Par contre, elle insiste sur l’émergence d’une dynamique comme la constitution des réseaux d’échanges de compétences débouchant, dernièrement, sur la création d’un jardin collectif avec le PCS (Plan de Cohésion Sociale).

Monique Verryt, représentant la bibliothèque de Florennes, participe à cette rencontre car, elle aussi et après validation par ses responsables, souhaiterait développer un projet relatif à la sensibilisation au jardinage et des plantes et ce, à destination d’un public familial. Des partenariats sont envisageables avec le CPAS, la maison des jeunes ou le service environnement de la commune. Par contre, la bibliothèque hésite à organiser une grainothèque au vu de la non-réciprocité de l’échange évoqué par certains. Ils envisageraient davantage leur projet sous la formule d’un club d’échanges plutôt qu’un service en libre accès, avec des réunions à différentes périodes de l’année : sensibilisation aux techniques de récolte, boutures de plantes vivaces et d’appartement, récolte et échange de graines.

Isabelle Lejeune, de la bibliothèque de Trois-Ponts, est la dernière bibliothécaire à prendre la parole. D’emblée, elle fait remarquer que sa présence à cette journée relève avant tout de l’intérêt de découvrir les témoignages de ses collègues car les projets de valorisation de la nature et développement durable sont très chers à son lectorat. Néanmoins, elle se montre plus sceptique par rapport aux grainothèques dont la gestion implique beaucoup trop de tâches qui ne font pas partie du métier du bibliothécaire. Si grainothèque il y a, elle devrait, selon elle, incarner une dynamique d’échanges fédérant différentes initiatives, et non constituer un projet à part entière.

En conclusion de ce tour de table, la parole est donnée à Catherine Renson, représentante de la Bibliothèque centrale de la Province de Luxembourg. Catherine relate les actions de soutien mises en place par son service dans une dynamique de pérennisation des initiatives de chaque locale. Le soutien de ce service se matérialise par différentes réalisations : un calendrier des animations commun aux bibliothèques participant au projet de grainothèque, une bibliographie des nouveaux achats de la centrale et des locales, des sachets à graines reprenant des informations nécessaires comme les dates de récolte, la durée de germination, l’achat de deux expos : « La graine et le fruit » et « Les légumineuses ». Constat : ces deux expos circulent beaucoup car les périodes sont limitées dans l’année aux moments opportuns et l’achat d’une troisième exposition didactique pourrait être envisagé.

Jean-Michel Defawe, Président de la FIBBC, est présent à cette journée et prend connaissance, avec grand intérêt, de chaque intervention. Au vu de la richesse des pistes et réflexions qui émergent, il conclut en invitant chaque bibliothécaire présent à intégrer son projet de grainothèque dans son plan quinquennal de développement de la lecture car le lien entre un tel projet et les objectifs du plan sont évidents.

Conclusion :

A l’image de toutes ces petites graines au coeur de la thématique, les pistes de réflexions et projets qui émergent de ces échanges sont riches et très variés. Un peu comme si l’organisation de ces grainothèques conférait aux bibliothécaires une importante latitude dans leurs actions, bousculait un peu les missions traditionnelles, brisait les codes. Avec pour résultat l’éclosion fertile d’une panoplie d’actions souvent originales soutenues par une belle créativité, le tout sous la houlette d’un enthousiasme indéfectible pour la protection de la nature mais aussi la valorisation du partage et de l’échange, notions finalement fondatrices du métier.
Bien sûr, de nombreuses questions restent en suspend et un après-midi n’a pas suffit à cerner l’ensemble des points d’ancrages mais aussi d’achoppements de ce thème. Voici, dans les lignes qui suivent, un résumé des orientations et questions centrales soulevées à l’occasion de ce partage. Peut-être le terreau fertile présent dans ces données alimentera-t-il nos débats futurs ?

Idées émergentes :

→ Importance des partenariats : sans eux, le projet de grainothèque a peu de chance d’aboutir et chacun est d’accord pour affirmer que ceux-ci garantissent sa pérennité ;

→Importance d’un coordinateur ou d’un organisme qui centralise, appuie et fédère, à l’image de l’initiative de la Bibliothèque centrale de la Province de Luxembourg ;

→ Ces grainothèques ont une place légitime au coeur du Plan quinquennal de développement de la lecture de chaque bibliothèque ;

→ Les expositions sont un appui très intéressant. Au niveau des conférenciers abordant de façon très complète cette thématique, Fanny Lebrun, coordinatrice de l’Association "Cycle en Terre" est citée par plusieurs comme personne ressource ;

→La réciprocité du don est difficile à gérer : parfois les gens se servent et ne ramènent pas, la notion de "troc" est étrangère pour certains ;

→ La communication autour de ces grainothèques doit être une priorité pour assurer une meilleure visibilité du projet ;

Interrogations :

→ Ce projet répond-il aux missions des bibliothécaires : ceux-ci disposent-ils des compétences et du temps nécessaire pour assurer la viabilité de ce projet extrêmement chronophage ?

→Ces grainothèques permettent-elles de joindre des non-lecteurs ?

→A l’instar des actions de soutien menées par la Bibliothèque Centrale de la province de Luxembourg, des actions similaires originaires des O.A. des autres provinces ne seraient-elles pas envisageables ?

→Parfois l’essoufflement se fait remarquer et des projets initiés dans l’enthousiasme avortent après une ou deux années de fonctionnement. Comment choisir le bon moment pour relancer un projet ?

→Ne serait-il pas opportun de créer un site de partage, un réseau fédérant toutes ces initiatives en FWB avec des ressources disponibles : films, livres, noms et coordonnées des conférenciers, spectacles abordant cette thématique...

→Comment conserver ces graines au vu des explications et informations précises fournies par Pascal Gruslin du Comptoir forestier à l’occasion de cette visite ?

→Pourquoi les projets créatifs passent-ils au second plan ? Certains spectacles abordent cette thématique de façon artistique et adéquate mais semblent un peu boudés par les bibliothécaires. Une liste reprenant tous ces spectacles ne serait-elle pas nécessaire ?

→La grainothèque : un projet à part entière ou plutôt une dynamique qui permet de fédérer différentes actions ?

Pour connaître, plus en détails, le bilan réalisé par notre association suite au questionnaire diffusé en janvier 2017, il vous suffit de consulter notre site internet : www.fibbc.net: rubrique "Bibliothèques en mouvement".

Françoise Vanesse

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