• Bilan récolte d’informations

  • 5 juillet, par Françoise Vanesse

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  • Bilan de la récolte d’informations initiée par la FIBBC en janvier 2017 et relative aux initiatives de valorisation de la nature et à l’organisation de grainothèques en bibliothèque publique

1. PRESENTATION DE LA METHODOLOGIE ………………………………………………………………………………

1.1. L’échantillon
1.2. Le contact avec notre public cible
1.3. Le questionnaire
1.4. Traitement des données

2. SYNTHESE DES DONNEES COLLECTEES

2.1. Votre bibliothèque propose-t-elle un ou des projets en lien avec la protection de l’environnement et la valorisation de la nature ? Si oui, lesquels ?

2.2. Les origines : comment sont nés ces projets ?
2.2.1. Distinction chronologique
2.2.2. Les déclencheurs du projet

2.3. Quels sont les objectifs de ces projets ?
2.3.1. Les objectifs du projet « grainothèque » en lui-même
2.3.2. Les objectifs du projet par rapport aux missions de la bibliothèque

2.4. Avez-vous mis en place des partenariats autour de ces projets ?
2.4.1. Partenariats ressources
2.4.2. Partenariats fonctionnels
2.4.3. Partenariats déclencheurs

2.5. Comment se déroule la gestion et l’organisation de la grainothèque ?
2.5.1. Avez-vous suivi une formation particulière ?
2.5.2. D’où proviennent les graines à la base de ce projet ?
2.5.3. Difficultés de fonctionnement
2.5.4. Comment les graines sont-elles présentées ?
2.5.5. Comment les graines sont-elles conservées ?

2.6. Quelles activités mettez-vous en place en lien avec la grainothèque (exposition, formation, prêt de livres…) ?
2.6.1. Dans le cadre de la bibliothèque
2.6.2. Dans le cadre de manifestation à l’extérieur

2.7. Quel intérêt et mobilisation ces projets ont-ils suscité auprès de vos usagers ?
2.7.1. Une curiosité à raviver
2.7.2. Diversification du public

______________

1. PRESENTATION DE LA METHODOLOGIE

1.1. L’échantillon
Dans le cadre de cette récolte de données, 30 bibliothèques ont été contactées Notre méthode est de type exploratoire car il n’existe aucune liste exhaustive. Nous nous sommes donc appuyés sur base d’informations relayées par la presse , via le site internet des bibliothèques ou via d’autres sources. Lors du lancement de notre initiative en janvier 2017, nous n’avions pas connaissance de la démarche menée par la Bibliothèque centrale de la province du Luxembourg.
Sur ces 30 bibliothèques, 18 ont répondu dans des délais assez rapides via le questionnaire mis en ligne sur notre site internet. 2 se sont manifestées ultérieurement.

Liste des bibliothèques qui ont participé à la collecte de données :

Région Bruxelles-Capitale

Bibliothèque communale francophone d’Ixelles
Rue Mercelis, 19
1050 IXELLES

Province de Liège

Bibliothèque de Beaufays
Voie de l’Air Pur, 227
4052 CHAUDFONTAINE

Bibliothèque communale de Grâce-Hollogne
Rue des Alliés, 33
4460 GRACE-HOLLOGNE

Bibliothèque communale de Hannut
Rue de Landen 43
4280 HANNUT

Réseau de Lecture publique de Jalhay
(deux bibliothèques)

Bibliothèque de Malmedy
Place du Châtelet, 7A
4960 MALMEDY

Bibliothèque communale d’Oupeye
Rue Roi Albert, 194
4680 OUPEYE

Bibliothèque communale « Aux mille feuilles » à Sprimont
Rue du Centre31
4140 SPRIMONT

Bibliothèque de Trois-Ponts
Rue traverse, 9
4980 TROIS-PONTS

La Marelle ludothèque
Rue des Wallons, 59
4000 LIEGE

Province du Luxembourg

Bibliothèque publique de Bertrix
Place de Trois Fers, 9
6880 BERTRIX

Bibliothèque communale de Daverdisse
Grand Place, 1
6929 HAUT-FAYS

Bibliothèque publique de Florenville
Rue de l’Église, 13
6820 FLORENVILLE

Bibliothèque de Hotton
Rue des Ecoles, 55
6990 HOTTON

Bibliothèque de Lamorteau
rue de l’Anglissant ,13
6767 LAMORTEAU (ROUVROY)

Bibliothèque communale de Léglise
Rue du Chaudfour, 2
6860 LEGLISE

Bibliothèque publique de Vielsalm
Rue de l’Hôtel de Ville, 9
6690 VIELSALM

Province de Namur

Bibliothèque-ludothèque communale de la Bruyère
Rue du Village, 2
5081 MEUX

Bibliothèque communale de Rochefort
Avenue de Forest, 21
5580 ROCHEFORT

1.2. Le contact avec notre public cible
L’invitation à participer à cette collecte de données a été envoyée via trois modes de communication :
° un courrier papier envoyé à chaque bibliothèque concernée avec une mise en page que nous avons voulue créative et valorisante et en correspondance avec la thématique ;
° un courrier, à nouveau ciblé, envoyé par voie électronique ;
° un envoi plus large via la newsletter de notre association.
Nous avons donc été vigilants à optimiser les moyens de joindre notre public cible.

1.3. Le questionnaire
° Dans la rédaction de notre questionnaire, nous avons veillé à offrir une formule assez large permettant à chacun de moduler ses réponses en fonction de son projet ;
° Par les nombreux points abordés, ce questionnaire tentait de faire le tour de la question et pouvait donc apparaître comme un peu long. Mais cet aspect qui, pour nous, aurait pu constituer un écueil éventuel n’a pas du tout impacté la qualité des réponses qui se sont dans la majorité avérées être rédigées très consciencieusement, avec précision et visiblement sans précipitation ;
° D’autre part, il nous faut pointer le grand enthousiasme qui s’est dégagé de ces échanges. Beaucoup de bibliothécaires ont exprimé leur satisfaction suite à notre initiative, soulignant son intérêt et son originalité.
 Très bonne idée d’avoir choisi ce sujet. Un goût d’avenir positif qui fait du bien en ces temps incertains. (Bib. Malmedy)
 Un réel enthousiasme nous habite et je me réjouis que vous vous intéressiez également à ce superbe sujet. (Bib. Bertrix)
° Enfin, la majorité des réponses nous sont parvenues dans les délais octroyés. Et sur un mois et demi, notre récolte a pu être finalisée.

1.4. Traitement des données
La matière dont nous disposons est très dense car les directions et orientations fournies par les bibliothèques sont extrêmement riches mais aussi très diversifiées : chacun développant le projet de façon spécifique et originale. Il en résulte une multitude de pistes de réflexions que nous avons tenté de synthétiser. Comme tout résumé, celui-ci est réducteur néanmoins il fait ressortir différents points qui méritent réflexion. Nous sommes conscients que, pour avoir une vue exhaustive et plus objective de l’ensemble des démarches, il faudrait opérer des entretiens plus approfondis auprès de chaque organisateur de grainothèque.
Dans les pages qui suivent, voici quelques lignes directrices qui découlent de ces réponses.

2. SYNTHESE DES DONNEES COLLECTEES

2.1. Votre bibliothèque propose-t-elle un ou des projets en lien avec la protection de l’environnement et la valorisation de la nature ? Si oui, lesquels ?

A cette première question, 17 bibliothèques sur 18, soit la quasi totalité des bibliothèques participantes, répondent organiser une grainothèque. Cette mise à disposition des usagers d’un réservoir de graines semble donc une constante entre les différentes bibliothèques interrogées et apparait comme la première action à laquelle les bibliothécaires lient la problématique de la protection et de valorisation de la nature.
Une seule bibliothèque, celle de Trois-Ponts, se sent concernée par notre thématique sans pour autant organiser, à ce jour, de grainothèque. Les actions qu’elle mène sont principalement les suivantes : fonds régulièrement enrichi, animation de classe-lecture à thème, partenariats…
Aux côtés de ces grainothèques, d’autres projets émergent de manière plus minoritaire :
→ L’installation d’un jardin partagé devant la bibliothèque (Bib. Oupeye)
→ La gestion d’un potager (Bib. Ixelles)
→ Un vermicompost en démonstration.(Bib. La Bruyère)

Plusieurs bibliothèques situent également leur grainothèque en lien avec des jardins partagés ou des potagers collectifs via leur partenariat mais sans en développer elles-mêmes.
 Très bons contact avec les potagers collectifs bruyérois, attentifs à leurs graines et aux nôtres. (Bib. La Bruyère, p.10)

 Ce projet est en collaboration avec le jardin partagé de la commune qui aimerait développer l’idée des "incroyables comestibles". (Bib. Léglise, p.11)

Les réponses apportées aux questions suivantes concernent donc majoritairement les projets de grainothèques.


2.2. Les origines : comment sont nés ces projets ?

2.2.1. Distinction chronologique
Une première observation de type chronologique permet de noter que deux groupes semblent émerger parmi les projets de grainothèques :
→ Les bibliothèques dont les grainothèques ont déjà plusieurs années d’existence et qui ont de ce fait une expérience de ce projet sur la durée : apparition vers 2013 (Bib. Rochefort), 2014 (Bib. Malmédy) et 2015 (Bib. Florenvile, Hannut). Des bibliothèques en quelque sorte « pionnières » qui « lancent les premières grainothèques en Fédération Wallonie-Bruxelles » et en ont conscience.
 En 2014, notre réseau s’est inspiré de la démarche française de Graines de Trocs afin de lancer les premières grainothèques en FWB […] Suite aux nombreuses retombées médiatiques, nous avons décidé d’aider et d’informer différentes structures sur la démarche et l’idée que nous nous faisions des grainothèques. (Bib. Malmedy, p.2 et 4)
→ Les grainothèques plus récentes : 2016 (Bib. Sprimont, Vielsalm, Bertrix), voire très récentes et apparues en 2017 (Bib. Rouvroy, Bertrix, Léglise pour la province du Luxembourg et Jalhay, Grâce-Hollogne pour la province de Liège) dont le développement est encore au stade de lancement.
Très positives, ces données révèlent autour des grainothèques une dynamique en cours d’expansion. Suite à notre enquête, nous avons pris connaissance de nouvelles initiatives que nous n’avons pu valoriser vu les délais.

2.2.2. Les déclencheurs du projet
Différents déclencheurs ont été identifiés et mis en évidence par les bibliothèques.

2.2.2.1. L’inscription dans une mouvance originaire de France principalement
 Le projet grainothèque fut enclenché par la lecture d’articles et l’inspiration du modèle français (Bib. Malmédy, p.4)

 De la découverte de jardins partagés (en Belgique ou à l’étranger) ; d’expériences relatées dans la presse... (Bib. Oupeye, p.4)

2.2.2.2. L’inscription de la bibliothèque dans un mouvement sociétal
Mouvement de transition, retour aux actions locales, réponse de soutien apportée par la bibliothèque à des campagnes d’informations générales…
 Foisonnement d’initiatives de particuliers et d’associations locales ou régionales, prise de conscience que l’on peut agir localement, individuellement (grâce entre autres à de nombreux films, livres, émissions radio et télé). (Bib. Vielsalm, p.5)

2.2.2.3. Ce projet fait suite à la demande d’autres partenaires
→ Des associations situées sur le territoire
 Travaillant en partenariat avec une maison de jeunes et un service d’insertion sociale dans le cadre desquels des activités autour du potager ont eu et auront lieu, nous souhaitions nous positionner comme soutien des initiatives prises par ces publics/partenaires, la mise en place d’une grainothèque paraissait pertinente. (Bib. Sprimont, p.4)
→ Le service environnement de la commune
 Le projet de grainothèque est né à l’initiative du service environnement et dans le cadre du "Plan Maya" auquel la commune de Hannut adhère depuis 2011. (Bib. Hannut, p.4)

 Ces projets sont nés à l’initiative d’une abl "Aromatisez-vous" et du service Eco-conseil de la commune. (Bib. Ixelles, p.5)

→ Un groupe de lecteurs engagés dans cette mouvance
 Plusieurs membres de "Rochefort en transition" font partie de nos lecteurs et en se rencontrant, des projets sont nés. (Bib. Rochefort, p.5)

2.2.2.4. Ce projet fait suite à une politique de valorisation et d’encouragement mise sur pied par une Bibliothèque centrale
C’est le cas de la synergie encouragée par le Service de la Bibliothèque centrale de la Province du Luxembourg sous la houlette de Catherine Renson. Cette dynamique semble déterminante dans la mise en place de récentes grainothèques en Province du Luxembourg comme le souligne la plupart des bibliothèques concernées. Un soutien qui revêt une dimension concrète : feuillet saisonnier centralisant les activités organisées dans les différentes bibliothèques, bibliographie mise à jour, mise à disposition d’expositions, contacts et échanges de graines. Ce réseau compte, à ce jour, 13 bibliothèques dont 7 ont répondu à notre récolte de données.
 Création de la grainothèque en mars 2015 à Florenville. Quitte à se battre pour une promotion exclusivement locale de la grainothèque, nous avons rallié les autres bibliothèques afin de renforcer tant le projet que sa visibilité. (Bib. Florenville, p.5)

 Plusieurs bibliothèques du réseau luxembourgeois ont senti le vent souffler au même moment et ont décidé, soutenues par la Bibliothèque centrale, de faire pousser des grainothèques parmi les livres. (Bib. Vielsalm, p. 5)

 Nous avions le souhait de nous associer au projet grainothèque qui nous a été proposé par la bibliothèque centrale de Marche. (Bib. Rouvroy, p.5)

 Toutes les bibliothèques publiques du réseau provincial du Luxembourg qui ont aussi une grainothèque se sont regroupées en « sous-réseau » grâce au soutien de la bibliothèque centrale. Nous échangeons des graines entre nous, aidons les nouvelles grainothèques à démarrer et avons des publications communes quant aux activités de chacun. (Bib. Daverdisse, p.11)

2.2.2.5. L’intérêt et la motivation d’une personne ressource
De façon globale et pour la moitié des réponses obtenues, l’intérêt et l’importante motivation d’un membre de l’équipe identifiée comme personne ressource pour cette problématique est pointée comme déterminante dans le déclenchement du projet.
 Cette proposition est venue d’une partie du personnel de la bibliothèque, déjà très impliquée personnellement dans la culture de leur jardin, dans le commerce de proximité et les coopératives. (Bib. Grâce-Hollogne, p. 17)

 Plusieurs membres de l’équipe ont une expérience personnelle (habitude du jardin, de cultiver, de récolter les semences…) ainsi qu’un intérêt pour la thématique des semences et l’échange entre particuliers. (Bib. Florenville, p.21)

 Une personne ressource a été désignée au sein de l’équipe des bibliothécaires : promotion et visibilité du projet, acquisition de documents, réunions avec les partenaires. (Bib. Hannut, p.17)


2.3. Quels sont les objectifs de ces projets ?
2.3.1. Les objectifs du projet « grainothèque » en lui-même

→ Valoriser l’échange de semences libres et non commerciales ;
→ Valoriser les variétés de semences adaptées à notre territoire ;
→ Préserver la biodiversité ;
→ Préserver la liberté d’échanger et de reproduire ses graines ;
→ De façon quasi générale, toutes les bibliothèques interrogées ont la conviction de mener une initiative citoyenne :

° Par le biais de l’information : éveiller, sensibiliser…
 Cela permet de prendre conscience des problèmes environnementaux, d’inciter les usagers à cultiver leur propre potager et de changer leur habitude de consommation. (Bib. Grâce-Hollogne, p.12)

 La responsabilité et pérennité du projet tient principalement entre les mains des citoyens. Sans initiative de leur part, pas de graines et plus de grainothèque. (Bib. Malmédy, p.12)

 Une initiative de sensibilisation avant tout : à la problématique des semences, à la biodiversité, à la réappropriation de techniques anciennes de reproduction et de récolte, au soutien de projets paysans régionaux, aux pratiques d’échange et de gratuité… Une initiative qui permet aussi le développement de l’esprit critique et la construction d’une réflexion étayée et nuancée. (Bib. Florenville, p.12)

 Une bibliothèque est un lieu d’ouverture, de réflexion et de partage de savoirs. Notre but est d’informer les citoyens, de les mettre en relation avec des associations et ainsi de faire notre part pour la sauvegarde de la biodiversité. (Bib. Vielsalm, p. 9)

° Certains vont plus loin et évoquent que la grainothèque s’apparente à un acte militant :
 Contrer des multinationales telles que Mosanto et se connecter à un projet citoyen. (Bib. Beaufays, p.4)

 (Re)valoriser les biens communs qui peinent à exister et par conséquent, "faire société" et acte de militance pour la gratuité de ces biens. (Bib. Malmédy, p.11)

2.3.2. Les objectifs du projet par rapport aux missions de la bibliothèque
De façon générale, la plupart insistent sur le lien entre le principe qui régit celui de la grainothèque à celui de la bibliothèque publique, accessible à tous et gratuite.
De façon plus spécifique :
→ Ces projets permettent de créer des projets en lien avec les collections :
° Projets pédagogiques,
° Projets créatifs,
° Développement de collections spécifiques.

→ Le développement de ces projets s’inscrit également, pour la plupart, dans une volonté de répondre aux missions décrétales des bibliothèques publiques :
° la mise en place de partenariats ;
° la volonté d’attirer de nouveaux publics et des non-publics ;
° le projet d’assurer à la bibliothèque une meilleure visibilité par son implication dans un projet sociétal et d’actualité ;
° le développement de projets en lien avec l’information ;
° répondre aux exigences en matière d’éducation permanente.

→ Le développement de ces projets s’inscrit également, pour la plupart, dans une volonté de répondre aux demandes spécifiques de lecteurs, de non lecteurs et de rapprocher la bibliothèque de leurs préoccupations :
° le souhait de répondre à des demandes spécifiques de lecteurs déjà engagés dans des projets similaires au niveau de différentes associations présentes sur le territoire ;
° le souhait de répondre à des demandes de non-lecteurs en leur proposant un panel de livres en lien avec leurs préoccupations (jardinage… ) ;
° le besoin de renforcer la bibliothèque comme lieu de vie, de rencontres et d’échanges.

2.4. Avez-vous mis en place des partenariats autour de ces projets ?

2.4.1. Partenariats ressources

Certains bibliothécaires sont conscients de la nécessité, pour assurer l’aspect pérenne du projet, de la nécessite de tisser des partenariats ressources.
Des associations locales, comme les Cercles Horticoles (nombreuses occurrences), le groupe « Semence », potagers collectifs, mouvement de transition ou, plus minoritairement, un syndicat d’initiatives, sont cités comme des partenaires ressources.
Sur une échelle plus large, les associations telles que Natagora, Nature et progrès sont également cités comme partenaires ressources.
De façon globale, leurs missions sont de différents ordres : alimenter la grainothèque, la gérer parfois mais aussi intervenir dans des journées d’informations ou de formation.

2.4.2. Partenariats fonctionnels

Des partenariats avec des maisons de quartier, groupes de cohésion sociale, maisons de jeunes, Centres Culturels sont tissés dans le cadre de ces grainothèque afin d’assurer le rayonnement du projet.

2.4.3. Partenariats déclencheurs

Des partenariats incitants et originaires des services environnement de la commune sont mentionnés comme étant parfois à la source du projet. Parmi ceux-ci : Plan communal de développement de la nature, Plan de Cohésion Sociale, Services éco conseils, Eco Centre...
Autre partenariat pointé, celui de la Bibliothèque Centrale de la province du Luxembourg, cité par de nombreuses bibliothèques, comme à la fois déclencheur et soutien.

En conclusion, ce projet permet aux bibliothécaires de prospecter, de tisser de nouveaux partenariats sur le territoire local. Et de questionner et de solliciter les ressources d’autres associations partenaires. On peut d’ailleurs se poser la question si ce projet de partenariat n’est pas davantage, dans certains cas, un réel projet coopératif ?

2.5. Comment se déroule la gestion et l’organisation de la grainothèque ?

2.5.1. Avez-vous suivi une formation particulière ?
Près de la moitié des bibliothécaires affirment ne pas avoir suivi de formation spécifique et le reste du panel reste évasif sur cette question. Par contre, les interrogés sont conscients de la nécessité de la formation et des pistes sont mentionnées :
→ l’auto-formation via des lectures ou Internet ;
→ l’information via des partenaires comme les Cercles Horticoles ;
→ les renseignements pris auprès d’autres bibliothèques qui organisent déjà une grainothèque. (Grâce-Hollogne) ;
→ certains reçoivent des informations précises via l’initiative de la Bibliothèque Centrale de la Province du Luxembourg.
 J’ai participé à une réunion avec certaines bibliothèques de la province de Luxembourg et la bibliothèque centrale avant de commencer. J’en suis repartie avec des idées, conseils et un "kit de départ" de graines. Au quotidien, la grainothèque fonctionne par elle-même grâce à l’implication des usagers ». (Bib. Daverdisse, p.21)

2.5.2. D’où proviennent les graines à la base de ce projet ?
° Une minorité de bibliothèques soulignent avoir acheté leurs graines, souvent sous forme de kit de démarrage auprès d’associations appartenant à un réseau bio, tels que Graines de Troc, Kokopelli, Semailles ou Cycle en terre.
Qualité des graines (cfr Malmedy)
 Les graines viennent des échanges et nous attirons l’attention sur la qualité. Nous avons démarré avec des graines spécialisées achetées chez un professionnel. (Bib. Malmédy, p.21)
° Plus nombreuses sont les bibliothèques qui déclarent avoir reçu des graines de partenaires ou de personnes ressources :
-  parmi les usagers : lecteurs, usagers jardiniers, jardiniers locaux, présents sur le territoire, professeur d’horticulture, habitués des jardins, jardiniers qui fréquentent la grainothèque, réseau de naturalistes.

-  partenaires ( Cercles Horticoles, asbl Aromatisez-vous…).
Une fois encore, la grainothèque est l’occasion de solliciter les usagers, de personnes ressources, dans leurs compétences et leurs passions.
 Les graines viennent uniquement des jardiniers qui fréquentent notre bibliothèque. (Bib. Sprimont, p.20)
 Les graines au départ proviennent de quelques lecteurs de la bibliothèque qui ont relayé le projet lancé par la bibliothèque. Nous essayons de créer un réseau d’échanges de graines produites par les particuliers. (Bib. Rouvroy, p.22)
° Certaines bibliothèques couplent les deux formes d’apport : achat et dons.

2.5.3. Difficultés de fonctionnement

2.5.3.1. La réciprocité du don
La gestion dynamique de la grainothèque semble une difficulté essentielle à surmonter. En effet, le principe de la grainothèque repose sur un engagement des usagers à la réalimenter. Le stock est parfois vite épuisé car la réalimentation ne fonctionne pas toujours.
Il arrive par ailleurs que cette réciprocité ne soit pas exigée.
 Les graines proviennent d’autres grainothèques et de particuliers. L’échange n’est pas obligatoire. On peut prendre sans nécessairement donner. (Bib. Hotton, p.22)

Il faut donc compenser et les bibliothécaires sont à la recherche de personnes ressources sur leur territoire.
 Quelques difficultés cependant à « faire vivre » la grainothèque : beaucoup prennent des graines sans jamais en rapporter. La grainothèque est essentiellement alimentée par quelques membres motivés du Cercle Horticole. (Bib. Beaufays, p.15)

 La grainothèque interpelle, mais la participation n’est pas énorme : elle est un peu à sens unique... Les graines acquises par la bibliothèque-ludothèque chez Kokopelli ont du succès, nous attendons les retours… (Bib. La Bruyère, p.15)

 Nous avons arrêté notre grainothèque car elle s’est rapidement appauvrie et nous n’avons pas été en mesure de renouveler notre stock. Un partenaire nous aurait été utile. ( La Marelle).

2.5.3.2. Difficulté pour les bibliothécaires de se sentir compétents dans cette matière étrangère pour certains
Certains bibliothécaires semblent conscients de leurs limites et font appel à des personnes ressources, autres que les bibliothécaires, spécialisées pour gérer et alimenter la grainothèque et originaires d’associations.
 Par rapport à la promotion de la grainothèque auprès des usagers, peut-être un besoin des membres de l’équipe de se sentir davantage compétents dans le domaine ou de trouver les bonnes personnes ressources. (Bib. Florenville, p.17)

 Tous les mois, présence d’un spécialiste à la Bibliothèque deux heures le samedi matin. (Bib. Bertrix, p.24)

 Nous avons de la chance d’avoir un bon partenariat et c’est le groupe "Rochefort en Transition" et "Semences" qui gèrent les graines, qui remplissent les enveloppes de semences en mentionnant les éléments indispensables pour les identifier. (Bib. Rochefort, p.21)

 Nous sommes à la recherche de personnes ressources dans la commune qui auraient un peu de temps à consacrer à la gestion dynamique et efficace de cette grainothèque. (Bib. Hotton, p.21)

 Nous avons la chance d’avoir un bon partenariat et c’est le groupe « Rochefort en Transition » et « Semences » qui gèrent les graines, qui remplissent les enveloppes de semences en mentionnant les éléments indispensables pour les identifier. (Bib. Rochefort, p.21)

2.5.4. Comment les graines sont-elles présentées ?

2.5.4.1. L’emplacement physique de la grainothèque
Un certain nombre de bibliothécaires s’interrogent sur :
° l’emplacement adéquat pour la grainothèque ;
° l’espace disponible pour disposer la grainothèque ;
° la visibilité de la grainothèque.
Il s’agit là d’un élément récurrent car, le projet étant nouveau, il faut lui assurer une bonne visibilité tout en tenant compte de contingences d’organisation de l’espace.
 Il n’a pas été facile de lui trouver une place dans la bibliothèque afin qu’elle soit visible. Nous devons souvent en parler et la montrer aux usagers. (Bib.Vielsalm, p.19)
Pour solutionner ce questionnement, les bibliothécaires évoquent le plus souvent le lien en correspondance avec un fonds « nature » ou « jardinage » et la volonté de valorisation d’un fonds documentaire. Dans de nombreux cas, la grainothèque prend ses quartiers au rayon « Jardinage » !
Nous avons recensé beaucoup moins de cas où les grainothèques sont simplement installées sur le comptoir.

2.5.4.2. Support de présentation de la grainothèque
De façon générale, les réponses collectées nous ont apporté peu d’informations concernant ces supports de présentation. Ce que l’on constate cependant à la lumière des exemples fournis, c’est que l’aspect débrouillardise et inventif semble de mise.
° La récupération
 Physiquement, la grainothèque est constituée d’un présentoir à graines récupéré dans une grande surface »(Bib. Vielsalm, p.19)

° L’appel à des personnes ressources
 La fabrication de la boîte a été réalisée par des ouvriers communaux. (Bib Beaufays, p.20)

° Le développement de l’aspect créatif
 Les enfants s’occupent ponctuellement de la grainothèque lors d’ateliers spécifiques : découverte des graines, peinture et pliage des emballages » (Ludothèque La Marelle, p.21)

2.5.4.3. L’étiquetage
Certains bibliothécaires soulignent l’importance de cet aspect qui vise à permettre à la graine un cheminement fructueux. Ils sont vigilants à avoir un étiquetage précis des graines mises à disposition : date de récolte, type de sol, période de semis, période de floraison, conseil de plantation, espacement entre les plants…
Cependant, au vu des informations reçues, il semble y avoir divers degré de précisions dans l’étiquetage et certains semblent conscients que la formule choisie est à améliorer.

2.5.4.4. La documentation
Certains mettent au point une documentation « maison » avec des dépliants ou des flyers explicatifs et didactiques qui expliquent comment faire sécher une graine, ce qu’est un hybride F1…
Ce qui est assez présent ce sont des bibliographies mises à jour par les bibliothécaires ou par la Bibliothèque centrale de la province du Luxembourg.

2.5.5. Comment les graines sont-elles conservées ?
La conservation des graines au sein même de la bibliothèque n’est pas évoquée à proprement parlé et il n’est nullement fait mention d’appréhensions en la matière ( chaleur, lumière, variations de température…). Par contre, les bibliothécaires évoquent de la documentation à destination des emprunteurs sur la façon de conserver les graines.


2.6. Quelles activités mettez-vous en place en lien avec la grainothèque (exposition, formation, prêt de livres…) ?

De façon générale, la grainothèque est le point de départ d’une panoplie importantes d’actions et activités diverses que ce soit dans le cadre de la bibliothèque ou en lien avec l’extérieur. Impossible de tout référencer tant les formules sont diverses. Voici un résumé :
2.6.1. Dans le cadre de la bibliothèque
→ Conférences : conférences didactiques, conférences d’initiation avec des spécialistes, sur la gestion des potagers, sur la permaculture. Ces conférences sont très présentes dans les actions. Celle-ci est privilégiée soit pour promouvoir ou lancer le projet, soit pour mieux le pérenniser. Celle-ci peut être menée par un professionnel ou par des personnes ressources partenaires.
→ Formations et initiations au jardinage : mentionné mais moins présent.
 Nous avons organisé un cours sur la biodiversité donné par un professeur d’université durant 6 matinées suivies d’une sortie sur le terrain. (Bib. Vielsalm, p.3)

 La première formation a eu lieu le 4 février à la bibliothèque de Lamorteau : « Apprendre à cultiver son jardin sans traitements ni engrais chimiques, c’est possible ! » (Bib. Rouvroy, p.11)

→ Expositions didactiques : C’est principalement les bibliothèques du Luxembourg qui mentionnent les expositions dont celles proposées par la Bibliothèque centrale de la province du Luxembourg, à savoir « Les légumineuses », « La graine et le fruit ». Mis à part ces bibliothèques, une seule fait mention de l’organisation d’une exposition proposée par Natagora et intitulée « La nature au jardin ».(Bib. Oupeye)
Il semble donc évident que les actions de soutien et de promotion la Bibliothèque centrale de la Province du Luxembourg rencontrent bien l’intérêt des bibliothécaires dans ce cadre.
→ Expositions créatives : le CEC de La Marelle a mis sur pied une exposition « Jardin je rêve », en lien avec la grainothèque. Cet aspect de l’exposition en lien avec l’expression n’est pas présent dans les bibliothèques interrogées.
→ Ateliers créatifs : La bibliothèque de Beaufays fait mention d’un atelier d’art floral, celle d’Oupeye d’ateliers créatifs pour les enfants et celle de Sprimont d’atelier parents-enfants autour des objets du jardin (hôtel à insecte, mini-serre en bouteille de récupération…)
→ Spectacles et projection de film sont également deux vecteurs d’informations mentionnés.
 Organisation de Cinés-débats avec par exemple les films de Pierre Rabhi « Les moissons du futur ». (Bib. Hotton, p.3)

 Nos animatrices ont créé un spectacle pour enfants « Graines de mots, graines d’histoires » qui a été joué au Festival Bitume, au Festival de la marionnette d’Houffalize et en bibliothèques. (Bib. Vielsalm, p.3)

→ Temps de partage et d’échanges entre usagers, occasions de donner la parole à des usagers et de mettre en évidence leurs connaissances…
 Dans notre série « Fou de… » (un Salmien vient partager sa passion), il y a eu un « Fou de… graines germées » avec recettes et dégustation. Bientôt un « Fou de… binette » et une rencontre de lecteurs avec leurs livres de jardinage coup de cœur. (Bib. Vielsalm, p.3)

 De petites formations et séances d’échanges seront mises en place pendant les expositions. Suivant le retour, je pense mettre en place certaines activités plus récurrentes : papote et échange de graines, conseils d’experts… (Bib. Daverdisse, p.24)

→ Animations lectures, heures du conte, cercles de lectures à thème : la mention de ces projets est moins mis en avant.
 Faire émerger le plaisir et la découverte autour d’activités créatives/pédagogiques en lien avec les livres. (Bib. Beaufays, p.7)
En conclusion, les bibliothécaires semblent privilégier l’aspect information et didactique plutôt que l’aspect créatif. La première urgence semble d’informer ce qui paraît évident avec la dimension d’engagement et d’urgence qui transparaît dans les objectifs mis en avant par les bibliothécaires. Tout ce qui relève de la créativité ou de l’expression est présent mais moins évoqué.

2.6.2. Dans le cadre de manifestation à l’extérieur
Certaines bibliothèques participent à des événements extérieurs : journées thématiques et en profitent pour valoriser leur grainothèque (stand, activités diverses).
 Nous participons aux Journées de l’arbre, Printemps sans pesticide et autres journées thématiques organisées dans la commune, notamment en mettant en place des ateliers « tableaux nature » (Bib. La Bruyère, p.2)

 Participation à la Semaine de l’abeille, présence de notre grainothèque dans un jardin ouvert de Nature & Progrès, participation au concours « 1001 idées pour la biodiversité ». (Bib. Vielsalm, p.3)

2.7. Quel intérêt et mobilisation ces projets ont-ils suscité auprès de vos usagers ?

2.7.1. Une curiosité à raviver
Ce qui est souligné en premier lieu, c’est la curiosité et l’aspect interpellant de la démarche. Ce terme revient de façon récurrente dans les réponses.
 Intérêt et curiosité, originalité du projet souligné par plusieurs personnes (Bib. Oupeye, p. 15)
Surgit cependant également la préoccupation et la difficulté d’assurer la pérennité du projet, sans cesse à redynamiser.
 L’intérêt pour la grainothèque était manifeste au début de sa création. Les usagers étaient curieux mais ce projet devrait être redynamisé (promotion, partenariats) au sein de la commune ». (Bib. Hannut, p.15)

 Lors des deux premières années, l’engouement fut total et les retombées médiatiques furent nombreuses. Toutefois, il faut bien avouer que la dynamique a perdu de son souffle initial. Il est maintenant venu le temps d’emboiter le pas d’une médiation culturel autour du projet et de production de contenu afin de redonner vie aux petites boîtes d’échange la saison prochaine ». (Bib. Malmédy, p. 15)

2.7.2. Diversification du public
Une autre question régulièrement soulevée est celle de la diversité des publics. Certaines bibliothèques soulignent la difficulté d’atteindre à travers la grainothèque et les activités qui lui sont liées un public autre que les convaincus. Certaines cependant soulignent avoir pu toucher par ce biais un public plus large que leurs usagers habituels.
 Certains utilisateurs de la grainothèque ne sont pas utilisateurs de la bibliothèque et constituent un public plutôt éloigné de la lecture. (Bib. Daverdisse, p.14)

Le public adulte semble par ailleurs le destinataire le plus souvent privilégié des activités liées à la grainothèque. A quelques exceptions près, peu de bibliothèque mentionne le jeune public et moins encore le public scolaire.
 Ateliers créatifs (adultes et jeunes). (Bib. Oupeye, p.1)

 Nos animatrices ont créé un spectacle pour enfants « Graines de mots, graines d’histoires » qui a été joué au Festival Bitume, au Festival de la marionnette d’Houffalize et en bibliothèques. (Bib. Vielsalm, p.3)

 Sensibilisation de la population, spécialement scolaire (Bib. Trois-Ponts, p.7)

DISCUSSION

Au terme de ce bilan quelques pistes de réflexions :
→ Serait-il utile de dresser une liste exhaustive de toutes les bibliothèques qui mènent un projet de grainothèque ?

→ Quelle place pour les OA par rapport au soutien à ce projet dans les autres provinces ?

La grainothèque un projet qui nécessite un soutien et une centralisation ?
En Province de Luxembourg, l’engouement semble bien présent et les bibliothécaires interrogés soulignent l’importance du soutien de la Bibliothèque centrale. La bibliothèque de Beaufays soulève par ailleurs la question d’un réseau belge ou wallon (Bib. Beaufays, p. 26)

→ La grainothèque un projet pérenne ? Oui, mais avec des partenaires ?
Comment faire en sorte que ces projets soient viables à long terme ? Les bibliothécaires qui disposent de la motivation pour mettre en place ce projet disposent-ils du temps et des compétences, des moyens et des ressources nécessaires pour en assurer la pérennité au vu des difficultés qu’ils évoquent (absence de rééciprocité, problème de conservation, problème de personnel ?)
Quid de la place des partenaires ?

→La grainothèque : quelle légitimité ?
L’organisation de grainothèques est-elle reconnue comme une mission des bibliothèques ?
En effet, certains bibliothécaires se sentent parfois en porte-à-faux par rapport à leurs missions classiques !
 L’évolution des missions des bibliothèques reste un questionnement parfois important par rapport aux missions traditionnelles d’une bibliothèque. (Bib. Florenville, p.17)

→La grainothèque : un projet qui permet de joindre de nouveaux lecteurs ?

→La grainothèque un projet rural ?

A l’exception d’Ixelles, toutes les expériences d’organisation de grainothèque dont nous avons eu connaissance dans cette récolte d’informations se situent en dehors des grandes zones urbaines. Mais nous n’avons bien entendu pas de liste exhaustive.
Les grainothèques se développent-elles davantage sur les territoires qui contiennent une part importante de personnes ou d’associations ressources ? Quelle implication de la commune ?
 Nous sommes dans une commune rurale et fière de l’être et de nombreux projets s’organisent naturellement autour de la préservation de notre environnement. (Bib. Jalhay, p. 25)

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