• Appren-tissages : étoffe et assemblage

  • 11 avril, par Françoise Vanesse

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  • Le monde de l’éducation francophone accueille une nouvelle revue au look bien ancré dans l’air du temps : "Appren-tissages". Tout en correspondance avec la philosophie du "slow press", ce "mook" propose une information éloignée de l’urgence du quotidien pour privilégier un questionnement en profondeur et transversal du bouillonnant domaine de l’éducation. Gaël Bournonville et Caroline de Patoul, les deux enseignants initiateurs de cet audacieux projet, étaient invités dernièrement à la librairie Pax à Liège afin de baliser le chemin porteur de sens dans lequel ils souhaitent emmener leurs lecteurs : enseignants, parents et toute personne intéressée par ce vaste champ d’investigation.

    Compte rendu de cette rencontre sous forme d’abécédaire.

APPREN-TISSAGES

Une nouvelle revue sur l’apprentissage, pourquoi ? C’est vrai qu’il en circule déjà dans les salles de profs ! Gaël Bournonville salue d’ailleurs leur contenu. Mais, à travers « Appren-tissages », les deux enseignants souhaitent permettre aux lecteurs intéressés par le sujet de prendre du recul, d’élever le débat et de s’informer aussi de ce qui se passe ailleurs. Cette revue, sous-titrée « Un autre regard sur l’éducation », découle en effet d’une volonté de questionnement plus large et transversal. Elle s’adresse bien évidemment aux enseignants mais également aux parents désireux de quitter la logique du quotidien, pour se poser et prendre le temps : ce temps si précieux, gage de réussite de tout apprentissage...

« MOOK »

Fruit d’une époque, le « mook », hybride entre le livre et la revue, permet, non seulement de toucher des profils variés de lecteurs, mais aussi de déployer une information en profondeur étayée de reportages et suivie de débats. "Un « mook », souligne Caroline de Patoul, est un bel objet qui se conserve comme un livre. Ce caractère pérenne est tout en correspondance avec notre projet rédactionnel." Cette notion d’esthétique se veut par ailleurs présente dans le projet de mise en page et d’illustration de la revue. Une valorisation de l’image capitale et trop souvent absente de l’univers des adeptes de la graphosphère auquel appartiennent encore de nombreux enseignants.

TISSAGES

Le terme tissage se rapporte tant au fond qu’à la forme. En effet, la revue entend décliner différents styles : articles de fond par des experts, analyses, reportages et même fiction. Quant à la forme, elle se veut également plurielle avec une mise en page originale et rythmée, créatrice d’un regard ouvert sur le sujet. Quant aux horizons envisagés par l’équipe rédactionnelle, ils sont sans frontière et privilégient des informations d’ici et d’ailleurs.

TEMPS

Prendre le temps ! Une notion trop souvent absente des réalités de nombreux professeurs et de certains parents, parfois enlisés dans des préoccupations quotidiennes, le nez dans le guidon ! Or, tout apprentissage demande du temps ! Tout en lien avec cette notion capitale, la revue les invite à se poser et, sous la forme du « slow press », à prendre le temps pour une information de la non-urgence. Le choix du semestriel est également là pour correspondre à ce besoin de se créer un espace-temps producteur de sens et de recul.

THEMES

La revue fonctionne à partir d’un thème. Ainsi, ce premier numéro, « Entre deux mondes », nous emmène à travers différentes réalités scolaires, de Bruxelles au Burkina Faso, en passant par Alger ou Grenoble. « Entre deux mondes », c’est aussi la rencontre entre des conceptions différentes de l’apprentissage : celle du monde des Roms, du numérique à l’école… Une thématique large et tout en ouverture comme celle annoncée pour le prochain numéro de la revue en mai 2018 : "Hors-piste".

MILITANT

Les deux enseignants sont clairs quant à leur volonté de ne pas aborder les débats de méthodes et sempiternels clivages. Vous ne trouverez donc pas dans cette revue de réaction à chaud sur des réformes structurelles ou sur des points qui divisent : port du voile, bac, Pacte d’excellence,… Le recul face à ces querelles de méthodes ou revendications sectorielles doit permettre une présentation plus sociologique et analytique que militante.

PARTAGE

Le partage, une valeur qui rythme ce projet, lieu de rencontre entre différents acteurs du milieu éducatif. Les objectifs visés par la revue sont en effet de rendre les recherches sur l’éducation plus accessibles au grand public, de permettre aux parents et aux professeurs d’enrichir leurs méthodes d’apprentissages, de se partager des informations avec une volonté manifeste de mutualisation et de dépassement des clichés. "Par le partage des savoirs et des expériences, nous espérons entretenir la réflexion et susciter l’envie d’explorer", souligne Caroline de Patoul.

INDEPENDANT

Les rédacteurs revendiquent leur indépendance totale et aucun attachement à un ministère ou toute autre institution. Ce choix d’absence de subvention et de toute publicité a, bien évidemment, des répercussions sur le prix de la revue qui se vend en librairie au prix de 23 euros. Le numéro de mai sera cependant vendu à 19€.

EXPERTS

De nombreux experts français participent à ce projet rédactionnel : Philippe Merieu, Serge Tisseron, Boris Cyrulnik, Bernard Defrance. Cela pourrait laisser penser à une collaboration davantage centrée sur la France. « On peut avoir cette impression à cause de certains collaborateurs célèbres, mais à y regarder de plus près, vous pourrez reconnaitre les signatures d’intellectuels belges. La répartition est donc plus nuancée qu’on peut le croire  », explique Caroline de Patoul.

JOURNALISTES

Outre des experts originaires du monde de l’éducation, des journalistes collaborent également à cette revue pour proposer différents reportages en lien avec le sujet. A l’instar de la journaliste Anne-Cécile Huwart qui, autour du sujet de « L’école inclusive », nous offre, dans ce premier numéro, le portrait d’une jeune étudiante sourde et retrace son parcours depuis la fin de sa scolarité secondaire dans une école de Bruxelles jusqu’à ses études supérieures.

REVALORISATION

L’image de l’enseignement éprouve un grand besoin de revalorisation et, sans aucun doute, cette revue devrait y contribuer. En ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles, d’autres secteurs où naissent également des apprentissages, sont également en demande, que ce soit les écoles de devoirs, les CEC, les bibliothèques,… « Nous ne sommes pas attachés à l’éducation scolaire et pouvons donc faire de la place à d’autres institutions. Nous souhaitons brasser large, tisser des liens, créer des ponts entre les milieux, avec toujours ce souci d’apporter un contenu novateur », conclut Caroline de Patoul.

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